—Il me semble que vous êtes désappointé...
—Oui, répondis-je. Ils sont trop monotones, ils chantent leur leçon; ce n’est pas vivant, ni naturel; ils n’auraient pas cette expression figée et cette élocution déclamatoire dans la vie réelle. Une personne qui annonce qu’elle a un chien en est joyeuse ou triste, elle a un sentiment quelconque et elle ne reste pas immobile et indifférente comme cela... Qu’est-ce que c’est que ces gens-là?
A son avis, la difficulté venait du chien; il dit:
—Ces gens sont des contadini, vous savez, et ils ont un certain préjugé contre les chiens, contre les chiens de garde, veux-je dire. Vous savez qu’ici ces chiens que l’on met dans les vignes et les olivettes sont très sauvages et féroces et, par là, ils n’ont pas la sympathie des gens qui pensent trop aux biens d’autrui. Je crois que nos soldats ont quelque chose contre les chiens...
Je compris que nous nous étions trompés en choisissant le chien et qu’il nous fallait essayer quelque chose d’autre, et quelque chose qui éveille si possible l’intérêt de nos hommes.
—Comment dit-on: chat, en italien? demandai-je.
—Gatto.
—Est-ce un monsieur ou une dame, masculin ou féminin, veux-je dire?
—Masculin, monsieur.
—Qu’est-ce que nos gens pensent de cet animal?