Aleck le considérait avec des yeux brillants. Elle se sentait profondément heureuse. Elle dit:
—Pense, Sally, c’est une famille qui ne s’est jamais alliée hors des Maisons royales ou impériales d’Europe: nos petits-enfants s’assiéront sur des trônes.
—Il n’y a rien de plus certain dans le ciel ni sur la terre, Aleck, et ils tiendront des sceptres aussi, avec autant d’aisance, de naturel, de nonchalance que moi ma canne de jonc. C’est une grande, une merveilleuse affaire, Aleck. Est-il bien pris au moins? Ne peut-il nous faire faux-bond? Tu le tiens?
—N’aie pas peur. Repose-toi sur moi pour cela. Il est attaché, il a les mains liées, il est notre débiteur. Il est à nous, corps et âme. Mais occupons-nous du second prétendant.
—Qui est-ce, Aleck?
—Son Altesse Royale Sigismond-Sigfried Lauenfeld Dinkespiel Schwartzenberg-Blutwurst, grand duc héréditaire de Katzenyammer.
—Non! Tu veux plaisanter?
—Il s’agit de lui; aussi vrai que je suis là devant toi. Je t’en donne ma parole.
Sally restait suffoqué de surprise. Il saisit les mains de sa femme et les pressa longtemps entre les siennes.
Enfin, il reprit avec enthousiasme: