— Taisez-vous donc. Le fait de votre élection prouve votre influence.

— Mais, colonel, je n’ai même pas une voix !

— Qu’est-ce que cela fait ? Vous pouvez pérorer tout à votre aise.

— Mais non, car il n’y a que deux cents habitants.

— C’est bon, c’est bon !

— Ils n’avaient même pas le droit de m’élire, car notre pays n’étant pas reconnu comme territoire, aucun acte officiel du Gouvernement ne relatait notre existence.

— Plaisanterie que tout cela ! J’arrangerai tout en un rien de temps.

— Vraiment ! Oh ! colonel, que vous êtes bon ! Je vous retrouverai donc toujours le même ami fidèle ! et, ce disant, des larmes de reconnaissance perlèrent aux yeux de Washington.

— Je considère la chose comme faite, mon cher. Une bonne poignée de mains, et je vous promets qu’à nous deux, nous ferons de la belle besogne.

CHAPITRE III