—Qui alors?
—La Compagnie.
—Ainsi, somme toute, ce n’est pas sur votre ordre, mais sur celui de la Compagnie?
—Oui, parfaitement; mais vous continuez à jouer. Je vous prie d’interrompre votre jeu immédiatement.
—On ne gagne rien à brusquer les choses. Qui a autorisé la Compagnie à formuler semblable prescription?
—Mon cher monsieur, cela m’importe peu.
—Vous oubliez que vous êtes la seule personne en jeu. Cette considération est au contraire très importante pour moi. Je ne saurais me soustraire à une exigence légale de mon pays sans me déshonorer moi-même; je n’accepterai jamais qu’un homme ou qu’une corporation se permette d’entraver ma liberté par des règlements illégaux (abus que les compagnies de chemin de fer ont tendance à propager), car j’entends faire respecter mon droit de citoyen. J’en reviens donc à ma question: En vertu de quel droit la Compagnie a-t-elle formulé ce règlement?
—Je n’en sais rien, cela la regarde.
—Cela me regarde aussi; je doute que la Compagnie ait aucun droit de prendre pareille mesure, car la ligne traverse plusieurs Etats. Savez-vous dans quel Etat nous nous trouvons en ce moment et quelles sont les lois de cet Etat à ce sujet?
—Ces lois m’importent peu; je ne connais que les règlements de ma Compagnie. Mon devoir, messieurs, est d’empêcher de jouer; il vous faut arrêter votre jeu.