Je me reportai à cette série et trouvai les trois rubriques: Commerce, Bureaux, Usines à gaz.
Un moment de réflexion suffit à me convaincre qu’il y avait là une erreur. Mr Bright se trompait et sortait totalement de la question. Un auteur en effet n’est pas un commerçant; écrire ou composer ne constitue pas un acte mercantile; un auteur n’a pas de bureaux: ses bureaux sont partout sous la calotte des cieux, partout où souffle la brise, où brille le soleil, partout où les créatures de Dieu sont heureuses de vivre. Donc, puisque je n’exerce pas de commerce, et que je n’ai pas de bureaux, je ne tombe pas sous le coup de l’article visé par la «série D. section 14». Votre Majesté le comprend certainement. Je reviens alors à la question des «Détaxes».
Il me semble que je pourrais obtenir cette détaxe, du moins sous condition. Mr Bright me dit que toutes les détaxes que je puis réclamer sont prévues aux termes du paragraphe nº 8 intitulé: «Usure et détérioration de machines et appareils.» C’est curieux et cela prouve combien une fois parti du mauvais pied il est resté ancré dans son erreur; car les bureaux et le commerce ne comportent ni machines ni appareils, ou du moins il n’en a jamais été question; de plus, ils ne s’usent ni ne se détériorent. Votre Majesté conviendra que je suis dans le vrai. Voici d’ailleurs le paragraphe nº 8:
«Sommes réclamées à titre de détaxe sur moins-value provenant de l’usure et de la détérioration de machines et appareils, soit qu’ils appartiennent à des particuliers ou à une compagnie, soit qu’ils soient loués à des particuliers ou à une compagnie qui ont pris l’engagement d’entretenir et de rendre ces machines et appareils en parfait état:
Ces sommes se montent à.......»
Je vous cite le texte même.
Je pourrais répondre à Mr Bright dans les termes suivants:
—Je suis fier de proclamer que mon cerveau est mon appareil, je ne réclame aucune détaxe pour moins-value provenant de l’usure ou de la détérioration.
Ce n’est nullement le cas, car sa solidité est à toute épreuve. Oui, je pourrais lui dire: mon cerveau est mon appareil, ma tête est mon atelier, ma main est ma machine et je suis le distributeur de toutes ces énergies, je ne les ai affermées à personne; par conséquent il n’y a pas de bail.
Voilà. Je ne veux pas trop porter aux nues cet argument et cette réponse jetés sur le papier, tels qu’ils me sont venus à l’esprit; mais il me semble qu’ils devraient confondre ce jeune homme; Votre Majesté sera de mon avis.