Bien que me fit, mal que me cause,
En ton penser s'offrent à moi;
Auprès de toi n'ai vu que roses,
Ne sens qu'épines loin de toi.
4.
Étais ma joie, étais ma gloire
Et mes plaisirs et mon bonheur;
Ne périras dans ma mémoire:
Ta racine tient à mon cœur!!…
5.
Rosier, prends soin de ton feuillage
Sois toujours beau, sois toujours vert,
Afin que voye après l'orage
Tes fleurs égayer mon hiver.
Le vœu s'est accompli, le rosier a refleuri, et les enfants se sont de nouveau pressés sur le sein de leur mère.
Ce voyage en Suisse est un des moments les plus heureux de la vie de ma mère. Ma grand'mère était une femme des plus distinguées et des plus aimables de son temps; mon oncle, le comte Elzéar de Sabran, plus jeune que ma mère, mais d'une sagacité d'esprit précoce, lui faisait sentir tout ce qu'il y avait de sublime et de nouveau pour elle dans le pays qu'ils parcouraient ensemble.
Tout ce qu'elle m'a raconté de cette époque avait une grâce poétique, c'était la pastorale après la tragédie.
Lavater était l'ami de madame de Sabran qui fit avec ma mère le voyage de Zurich pour aller présenter sa fille à cet oracle de la philosophie d'alors. Le grand physionomiste, en apercevant ma mère, se tourna vers madame de Sabran et s'écria:
Ah! madame, que vous êtes une heureuse mère! votre fille est transparente! Jamais je n'ai vu tant de sincérité, on lit à travers son front.»