Pour ne pas troubler sa nuit, que je ne supposais pas déjà fort tranquille, je ne me rendis dans son appartement qu'à la pointe du jour; elle ne s'était ni deshabillée, ni couchée, ses accès de douleur avaient été cruels, et d'autant plus, sans doute, que son désespoir étoit muet, ses larmes ne pouvant trouver de passage retombaient en gouttes de sang sur son cœur; elle demandait sans cesse à aller embrasser sa mère, et s'irritait violemment de la résistance qu'on était obligé de lui opposer; elle revint un peu quand elle me vit. Elle me demanda pourquoi je l'avais laissée seule si long-tems? Je m'excusai sur les soins qu'exigeait la situation, et après avoir donné tout ce qu'il m'était possible à l'affliction de son ame, j'essayai de m'en rendre maître. Un mouvement d'amitié lui échappa . . . je le saisis . . . je la pressai dans mes bras, et ses larmes coulèrent . . . Ô mon amie! lui dis-je alors . . . appelez le courage à votre secours . . . j'ai de nouveaux malheurs à vous apprendre . . . Elle me fixa avec un air d'effroi, qui me fit trembler . . . et toutes ses idées se portèrent sur toi. —Ô ciel! s'écria-t-elle, Valcour est-il avec ma mère, un même coup les a-t-il réuni? il est heureux dans un tel cas que la personne qu'on veut amener doucement à l'instruction d'une nouvelle affreuse, aille au- delà de la vérité; je pris une de ses mains, et lui souriant avec amitié: —non, lui dis-je, Valcour se porte à merveille, et je suis bien sûr qu'il n'est occupé que de vous; mais ce que j'ai à vous dire est peut-être plus cruel encore que ce que vous avez craint . . . Votre père est ici . . . il vous emmène dès aujourd'hui, et veut qu'incessamment vous soyez la femme de Dolbourg . . . Je n'ai vu de ma vie un mouvement aussi violent que celui que fit ici cette fille à-la-fois courageuse et infortunée . . . Ô mon ami! me dit-elle en se levant, il n'est donc plus rien dans le monde qui puisse maintenant m'empêcher de me rejoindre à ma mère! . . . —Asseyez-vous Aline, lui répondis-je, je croyais trouver en vous de la force, et vous ne me montrez que du désespoir; rien ne peut rompre les résolutions de votre père, mais il vous reste des moyens d'échapper aux nœuds qu'il vous destine. —Et quels sont-ils? —Écoutez-moi, et sur-tout calmez- vous. Elle s'assit et me prêta toute son attention. —Je ne vous conseillerai point le parti du cloître, lui dis-je alors, en vain le proposeriez-vous on s'y refuserait assurément; mais voici ce que mon amitié vous dicte. Que votre soumission fléchisse d'abord votre père, ne lui montrez qu'obéissance et respect pendant la route . . . Arrivée au château, tâchez d'entretenir Dolbourg seul, témoignez-lui vivement l'insurmontable aversion que vous éprouvez pour ce mariage; peignez-lui la certitude des malheurs qui en résulteront pour tous les deux, intéressez-le enfin; employez tout; la nature vous a donné des graces, une éloquence douce et persuasive à laquelle il est difficile de résister. Moins violent que votre père, je ne serais pas étonné qu'il se rendît; si cela arrive, comme je m'en flatte, engagez-le avec la même ardeur à rompre, peut-être le fera-t-il, mais mettons toutes choses au pis, et supposons que vous ne trouviez aucun moyen d'éviter le sort qu'on vous destine; votre fidèle Julie vous reste, cela est décidé; échappez-vous avec elle, voilà cent louis que je lui donne pour la dépense de ces soins; accourez chez madame de Senneval [8], elle sera prévenue, elle ira vous attendre exprès dans la terre voisine de Paris, que vous lui connaissez; là, vous me ferez venir; Eugénie et moi, nous nous chargeons de vous; nous vous sortons de France, nous vous remettons dans les bras de l'époux que vous destinait votre mère, et nous vous y faisons jouir en paix de la fortune qu'elle vous laisse . . . L'ombre la plus légère du bonheur est si flatteuse pour un cœur au désespoir! Cette chère fille tomba dans une douce rêverie, je lui demandai ce qu'elle avait. —Ô Déterville! me dit-elle, vos procédés me rendent confuse, mais permettez une réflexion, mon ami, s'il est vrai que vous ayez envie de m'arracher aux maux qui me menacent comme vos touchantes bontés m'en répondent, pourquoi l'effet de vos soins ne commencerait-il pas dès ici, pourquoi ne m'évitez-vous pas cet affreux voyage avec mon père? —Cela se peut-il, répondis-je avec douceur, votre père est ici, de ce moment vous êtes en sa puissance . . . Si vous disparaissez, c'est moi qui vous enlève, et vous perdez, sans vous sauver par cette démarche, le seul ami qui vous puisse servir; si vous partez de Blamont, . . . aucun soupçon ne peut tomber sur moi, votre fuite est votre seul ouvrage et les soins que nous vous rendons ensuite ne sont plus le fruit d'une séduction, c'est une protection accordée, c'est un service que nous vous rendons, votre père en ce cas a des torts réels, dont il est tout simple que vous ne vouliez pas être la victime, tandis que jusqu'à-présent ses torts envers vous ne sont pas assez fondés pour le fuir, il n'y a ici que des mauvais procédés, il y aura des horreurs à Blamont. Vous échapper d'ici est en un mot un parti violent; un plus simple peut réussir, et il est des lois de la prudence de n'employer jamais les moyens excessifs, que quand les autres n'offrent plus d'espoir. —Elle retomba dans ses réflexions, . . . puis au bout d'un temps; Déterville, me dit-elle, je me sens plus forte que je ne l'aurais cru, vos bontés me pénètrent, et j'en profiterai, . . . oui, mon ami, j'en profiterai, continua-t-elle, en se relevant, ou cela me sera impossible; . . . puis avec violence, mais possible, ou non, je ne serai jamais la femme de Dolbourg; et me prenant par les deux mains: —maintenant, dites-moi, mon ami, si vous croyez qu'il y ait au monde une créature plus malheureuse que moi? assurément, lui dis-je, il y en a, il s'en faut bien que votre sort soit désespéré, peut-être même êtes-vous moins à plaindre aujourd'hui que je ne vous le croyais hier. —Mon ami, me dit-elle, en se tournant vers la fenêtre, il fait jour, vraisemblablement, nous allons bientôt nous séparer, et se jetant dans mes bras, . . . oh mon cher Déterville! ce nouveau coup de foudre sera bien terrible pour moi; mais avant qu'il ne m'écrase, ne me refusez pas la faveur que je vais vous demander. —Qu'exigez-vous, Aline? ne connoissez-vous pas tous vos droits sur mon cœur? —Je veux aller embrasser encore une fois ma mère, . . . ou vous ne m'avez jamais aimée, ou vous m'accorderez cette consolation, je vous crains, lui dis-je, votre tête est trop vive, votre cœur trop ardent, . . . ce spectacle est douloureux, vous ne pourrez jamais le soutenir; . . . mais se contenant avec un courage qu'il n'est pas possible de peindre, . . . non, répondit-elle, vous vous trompez, c'est un saint devoir que je ne partirais pas sans remplir, mais ne redoutez rien, la religion et la piété combattront la douleur, mon ame abattue par trop de chocs, retrouvera dans la multitude des secousses, la force que chacune d'elle lui aurait enlevée . . . Marchons, . . . guidez mes pas tremblans, et n'ayez nulle crainte, puis sans me donner le temps de répondre, elle prit mon bras et nous nous avançâmes vers le lieu funèbre.
Madame de Blamont était sur un lit de damas bleue, où je l'avais fait parer avec décence, voulant procurer le lendemain aux habitans de sa terre la satisfaction de la voir qu'ils imploraient avec des torrens de larmes; elle avait une robe de gros de tours blanc, ses cheveux dans leur couleur naturelle, proprement peignés sous un grand bonnet, sa tête reposait sur un oreiller garni de dentelles, et son attitude était celle d'une femme qui dort; huit cierges brûlaient autour du lit dont les rideaux étaient relevés avec des gros flots de rubans blanc; deux prêtres modestement recueillis récitaient des prières à basse voix.
Par la porte où nous entrions, le tableau s'offrait à nous en entier . . . Ta malheureuse Aline ne l'a pas plutôt apperçu qu'elle recule et tombe dans mes bras; . . . mais persuadée qu'elle n'a plus qu'un moment à elle, la crainte de le perdre, l'extrême résignation dans laquelle elle est, tout la soutient et nous avançons; les prêtres se retirent un instant, Aline plus libre se jette aux pieds de sa mère, et les baise tous deux avec respect, . . . elle se relève, vient sur les côtés, prend chacune des mains tour-à-tour, et y imprime ses lèvres avec la componction de la plus vive douleur, . . . elle s'approche de la tête, considère un instant le calme pur qui règne sur les traits de cette femme; . . . admire la beauté qui s'y peint encore . . . Ici son ame se déchire elle élance ses bras autour du col de cette mère adorée; l'arrose de ses larmes; l'accable de ses baisers, et lui adresse des mots si tendres; . . . lui fait des questions si touchantes, que la crainte de la voir succomber à cet excès de sensibilité me fait approcher d'elle, et la supplier de ne pas s'abandonner ainsi; mais comme elle me résistait, comme elle n'écoutait, . . . comme elle n'entendait plus que sa douleur, le curé survint et lui fit les mêmes instances, elle craignit alors d'avoir manqué de respect; cette tendre fille sans cesse occupée de ses devoirs, y sacrifiant toujours les passions les plus ardentes de son ame, se retira en baissant les yeux, et se replaça à genoux au pied du lit pour partager un instant les prières avec les deux honnêtes ecclésiastiques qui s'étaient chargés de ce soin. Ce fut en ce moment que je lui annonçai tout bas le legs des cheveux que lui faisait sa mère; je lui dis que j'allais les couper pour les lui remettre tout de suite. Cette nouvelle remplit son ame de consolation . . . Elle me donne ses cheveux, dit-elle, . . . cette bonne mère, . . . cette tendre mère, . . . elle a pensé à moi, . . . ah! donnez-les moi, . . . donnez-les moi vite, . . . ils ne me quitteront de la vie . . . Je m'approchai du lit pour procéder à cette opération, . . . mais Aline se détourna, elle ne voulût pas me voir faire, elle était bien aise d'avoir ses cheveux, mais elle était fâchée qu'on les coupât, il semblait que cela devînt pour elle une preuve de plus de la mort de sa mère, et peut-être jouissait-elle en cet instant de l'illusion de la croire endormie. —C'était d'ailleurs déparer en quelque sorte ce corps qu'elle idolâtrait, toutes ces idées sans doute troublèrent le plaisir sombre qu'elle éprouvait à ce don, et quand je le lui apportai, elle ne le reçut d'abord qu'en frémissant; . . . bientôt pourtant elle les couvre de baisers, et se détournant pour ouvrir sa poitrine, elle les place au-dessous du sein gauche, protestant sur les pieds de sa mère qu'ils ne quitteraient jamais cette place.
Ma vertueuse amie, dis-je au bout d'une demie heure de cette cruelle visite, il faut partir, cet instant va vous affliger encore, il vaudrait presque mieux que nous ne fussions pas venus . . . Elle frissonna, on eut dit que j'arrachais la partie la plus sensible de son ame, mais toujours ferme et courageuse, après avoir renouvellée une dernière fois ses baisers aux mains et au front, elle s'incline respectueusement et sort en pleurs, la tête cachée dans mes bras . . . Je l'embrassai dès que nous fûmes dehors, je suis bien plus content de vous que je ne l'aurais cru, lui dis-je, ceci me remplit d'espoir pour la suite . . . Oh ma chère amie! de la force, il en faut, de la prudence, de la sagesse et soyez sûre que nous réussirons . . .
Nous rentrâmes dans sa chambre; elle me demanda où serait enterrée sa mère, avec une sorte d'émotion qui m'allarma; je lui fis part des dernières dispositions de la défunte; et quand elle vit que madame de Blamont désirait expressément que sa fille fût mise un jour dans le même cercueil —ah! dit-elle, comme ceci me console encore, cela sera, n'est-ce pas, Déterville? cela sera? personne ne peut s'y opposer? —Non, certes, lui dis-je, . . . puis, comme sans réflexion, —vous en chargez-vous, mon ami? —Fille adorable, répondis-je, la nature ne dérangera pas ses loix pour que je sois chargé de ce soin: réfléchissez que j'ai douze ans plus que vous; —oh! qu'importe, on finit à tout âge. Dites-moi toujours que si vous me survivez, vous me promettez de me faire mettre auprès de ma mère? —Je vous le jure, mais aux conditions que nous allons nous occuper d'autre chose. —Oh! de tout ce que vous voudrez, après cette promesse. —Eh bien! j'exige que vous preniez quelque nourriture. —Oui, de la crême de ris, comme hier, avec celle que j'ai perdue, n'est-ce pas, mon ami, . . . comme hier? . . . Et avec un peu d'égarement; —mais elle ne sera plus là, . . . ce ne sera plus elle, . . . il n'est plus possible que je la revoie jamais! . . . et sans répondre. —Eh bien, voulez-vous que j'aille vous chercher quelques légers alimens? —non, en vérité; —et cependant à force d'instances, je l'obligeai à avaler un œuf frais, dans lequel je battis quelques gouttes d'élixir. Nous employâmes ensuite le peu de temps qui nous restait, à assurer nos mesures; je convins avec elle, que dans tous les cas, Julie me ferait un détail exact de ce qui se passerait au château de Blamont, dès qu'Aline y serait; et Aline me promit de son côté de m'écrire le plus souvent qu'elle pourrait, et d'observer avec exactitude tout ce qui était convenu entre nous . . . L'heure pressant, elle s'habilla; quand on lui présenta une robe noire, elle la baisa avec transport; ah! mon ami! dit-elle, en me regardant, voilà la dernière couleur que je porterai de ma vie . . . À peine était-elle prête, que le président me fit dire qu'il m'attendait dans les salles d'en bas, et qu'il me priait de lui amener sa fille: eh bien! lui dis-je, —comment va le cœur? —mieux que je ne croyais, me répondit-elle, en prenant mon bras; mais sur-tout, mon ami, ne me quittez point que je ne sois en voiture; je le lui promis, et nous descendimes; . . . dès qu'elle entendit la voix du président qui causait avec quelques habitans de Vertfeuille, elle frémit. —Courage, lui dis-je, du respect et du silence; elle entra, elle salua son père, sans prononcer une parole; monsieur de Blamont s'approcha d'elle, il l'exhorta froidement à se consoler: il lui dit que le deuil lui siéyait à merveille; qu'il ne l'avait jamais vue si jolie; et elle continua de se tenir debout, les yeux baissés, sans répondre une parole.
À titre d'exécuteur-testamentaire, tout ceci va vous donner bien de la peine, me dit le président; elle a bien fait de vous choisir, assurément, cela ne pouvait être en meilleures mains . . . Ma fille a-t-elle déjeûné? Oui, monsieur, dis-je, bien sûr d'obliger Aline par cette réponse; avez-vous ordonné qu'on vous servît? —Oui, j'ai dit qu'on mît deux perdrix; j'aime à la folie celles de Vertfeuille, elles ont bien plus de goût que celles de Blamont: Aline, vous en mangerez une? —non, mon père. —C'est que la journée est bien longue; il y a vingt-cinq lieues de traverse, j'ai six relais, nous n'arrêterons pas; nous aurons des biscuits dans la voiture, mais cela ne nourrit point. —On servit; le président mangea ses deux perdrix, but autant de bouteilles de vin de Bourgogne, et causa avec les différentes personnes dont la salle était remplie, pendant que dans une ambrazure, Aline et moi fumes nous entretenir encore un moment.
J'achevai de raffermir son cœur; elle me témoigna mille caresses, . . . et comme en s'ouvrant à l'amitié, son ame était prête à se fendre; je fis semblant de ne rien voir: elle me pria de t'écrire, et ton nom n'eut pas plutôt volé sur ses lèvres que ses yeux s'inondèrent: . . . Je rompis encore ces nouvelles effusions; je craignais une crise affreuse; et quand l'instant du départ approcha, je ne vis d'autre parti, pour éviter cette révolution, que de la navrer par de la froideur . . . Je me déchirais moi-même en agissant ainsi, mais il le fallait . . . J'abordai le président, . . . elle m'entendit et se contint . . . On vint avertir que les chevaux étaient mis . . . Je la vis tressaillir, mais je ne m'approchai plus d'elle . . . Le président sortit . . . Julie ensuite, . . . elle quitta le salon la dernière.
Dès qu'on la vit, le peuple forma deux haies, au milieu desquelles elle fut obligée de passer.
Là, cet ange céleste reçut involontairement les hommages de tout ce qui l'entourait. Les uns élevaient leurs mains vers le ciel, en lui souhaitant mille prospérités . . . Ceux-ci pleuraient et se détournaient d'elle, comme pour ne la pas voir s'arracher à eux, d'autres enfin se jettaient à ses pieds, lui rendaient graces des bienfaits qu'ils en avaient reçus, et imploraient sa bénédiction . . . Elle traversa la foule, ne regardant que la terre, ne laissant jamais voir sur son front que la douleur et l'humilité . . . Le président monta, Julie suivit; . . . alors Aline tourna les yeux sur moi, pour m'adresser un adieu cruel qui eut ouvert la source des larmes que je m'efforçais d'étancher; . . . mais ne pouvant plus me distinguer, par les précautions que j'avais prises, quoique je ne la perdisse pas de vue . . . Elle s'élança comme un trait dans la voiture: . . . tout s'éloigna avec la rapidité de l'éclair; . . . et moi, confondu, . . . anéanti, . . . je crus que l'astre disparaissait pour toujours des cieux, et que le monde allait être condamné à vivre éternellement dans les ténèbres.
Je rentrai, suivi du peuple, dont les pleurs ne tarissaient point. Ne voulant faire enterrer madame de Blamont qu'au bout de trente-six heures révolues, d'après les instances réitérées de sa fille, je fis ouvrir l'appartement où elle était exposée, après avoir pris soin de faire enclore le lit d'une balustrade couverte de drap noir: il n'y eut personne qui ne vint se prosterner aux pieds de celle qui leur avait été si chère; tous la bénirent, tous l'adorèrent . . . Ô gens du siècle! vous qui vivez comme le monstre qui la sacrifiât, obtiendrez-vous de tels hommages, quand la parque aura tranché vos jours? . . . Aurez-vous, comme cette femme divine, du sein de l'Être- Suprême où l'ont placée ses vertus, la douce consolation de vivre encore dans le cœur des hommes, et de les voir vous offrir le tribut sacré de leur amour et de leur reconnaissance?