—Il n'est pas vrai que ce brave jeune homme ne puisse vous rien apprendre, monsieur; mais il est certain, dit-elle en faisant étinceler son poignard aux yeux du duc de Guise, il est certain que voilà l'arme qui nous vengeait tous deux, ordonnez son supplice ou mes fers, et vous allez connaître Juliette.
—Il est donc temps, dit le duc, sans jamais quitter le flegme le plus entier, il est donc temps que je punisse l'insolent subterfuge de cet imposteur, ainsi que vos dédains, madame: paraissez Castelnau, venez voir les tourments que je destine à ceux qui vous sont chers....
Quel étonnement pour Juliette et Raunai de voir le baron dégagé de ses chaînes!
—Mon ami, mon vieux camarade, lui dit le duc de Guise, que je joigne au plaisir de vous rendre l'honneur et la vie, celui de remettre en vos mains et votre gendre et votre fille. Vive Castelnau, voilà Juliette... et vous, madame, voilà votre amant, je veux qu'il soit votre époux demain, Juliette...; Castelnau... Raunai, vous ne soupçonnerez plus au moins les vertus impossibles dans l'âme de ceux qui professent ce culte que vous abhorrez.
—Ô grand homme! Monsieur le duc, dit Raunai, dans le délire du bonheur, jamais la France n'aura de serviteurs qui nous vaillent.
Le duc:
—Raunai, serai-je votre ami?
Raunai:
—Ah! mon libérateur.
Le duc: