Mais à quoi servent ces tableaux du crime triomphant? dit le folliculaire. Ils servent, Villeterque, à mettre les tableaux contraires dans un plus beau jour, et c'est assez prouver leur utilité. Au surplus, où le crime triomphe-t-il dans ces nouvelles que vous attaquez avec autant de bêtise que d'impudence? Qu'on m'en permette une très-courte analyse seulement, pour prouver au public que Villeterque ne sait ce qu'il dit quand il prétend que je donne dans ces nouvelles le plus grand ascendant au vice sur la vertu.
Où la vertu se trouve-t-elle mieux récompensée que dans Juliette et Raunai?
Si elle est malheureuse dans la Double Épreuve, y voit-on le crime triompher? Assurément non, puisqu'il n'y a pas un seul personnage criminel dans cette nouvelle toute sentimentale.
La vertu, comme dans Clarisse, succombe, j'en conviens, dans Henriette Stralsond; mais le crime n'y est-il pas puni par la main même de la vertu?
Dans Faxelange, ne l'est-il pas plus rigoureusement encore, et la vertu n'est-elle pas délivrée de ses fers?
Le fatalisme de Florville de Courval laisse-t-il triompher le crime? Tous ceux qui s'y commettent involontairement, ne sont que les effets de ce fatalisme dont les Grecs armaient la main de leurs dieux; ne voyons-nous pas tous les jours les mêmes évènements dans les malheurs d'Œdipe et de sa famille?
Où le crime est-il plus malheureux et mieux puni que dans Rodrigue?
Le plus doux hymen ne couronne-t-il point la vertu dans Laurence et Antonio, et le crime n'y succombe-t-il pas?
Dans Ernestine, n'est-ce pas de la main du vertueux père de cette infortunée qu'Oxtiern est puni?
N'est-ce pas sur un échafaud que monte le crime, dans Dorgeville?