Nous ne nous dissimulons pas d'ailleurs combien notre étude reste incomplète; une biographie complète du marquis de Sade, ayant pour point d'appui des documents authentiques est encore à faire; ces documents existent, ils sont dans des mains qui en connaissent le prix; un jour viendra, nous l'espérons du moins, où ils seront livrés au public.
Au moment de mettre sous presse on nous signale un article de la Revue des deux Mondes où il est question des diplomates étrangers résidant à Madrid vers 1840; le ministre des États-Unis est signalé comme un négociateur fort habile, mais se livrant parfois à des excentricités d'un goût douteux: ne s'avisa-t-il pas un jour, imitateur trop fidèle du marquis, d'inviter à souper une vingtaine de manolas, auxquelles il distribua des substances par trop irritantes?
[19] Sotades, auteur fort licentieux, grec contemporain de Ptolémée Philadelphe. On dit qu'ayant imprudemment attaqué de puissants personnages, il fut enfermé dans un coffre et jeté à la mer. Il en est fait mention dans Athénée; Deipnos. XIV, dans Suidas; dans Plutarque. Il ne reste de ses écrits que quelques faibles débris. Voir Hermana: Élement. doct. met. (Leipzig.) 1816, p. 144, et Fabricius, Bibl. grœc. II. 495.
[20] Parmi les autres publications de Bertrandet, nous trouvons la traduction des Nouvelles galantes de B..., (Batachi) par un académicien des Arcades de Rome (Louet de Chaumont) Paris, an XII. Ce recueil est devenu peu commun; un bel ex. payé 44 frs., vente J. D. L. M. janvier 1866. À l'égard des diverses éditions italiennes de ces contes, voir G. Passano: I Novellieri italiani in verso. Bologna. 1868 p. 137.
[21] Voir sur ce personnage trop célèbre une notice de M. Armand Guiraud. 1836, in-8º, et un article de M. Vallet de Viriville: 495. Nouvelle-Biographie générale. XLI, 496.
[22] On comprend sans peine que Justine ne figure guère sur les catalogues des livres publiés en France; un exemplaire de l'édition de 1791, 2 vol. in-8º (gravures ajoutées), se montra cependant au catalogue Pixérécourt, numéro 1239, mais il ne passa pas aux enchères. Nous trouvons aussi les dix volumes sur le catalogue de la bibliothèque (non destinée à la vente) de M. Joachim Gomez de la Cortina, à Madrid (1855, nº 3908); ces dix volumes sont indiqués comme ayant coûté trois mille réaux, (750 francs). Ils se montrent aussi au catalogue d'une importante collection qu'un libraire fort connu à Paris, M. Techener, avait envoyée à Londres pour y être livrée aux enchères et qu'un incendie a détruite le 29 juin 1865.
Le comte Tullio Dandolo, dans ses Reminisence fantasie, scherzi litterari (Turin, 1840), avance que l'empereur Napoléon défendit, sous peine de mort, la lecture de Justine aux militaires de ses armées. Nous n'avons trouvé nulle autre part l'indication de cette prohibition qui nous paraît dénuée de vérité historique.
[23] C'est, à ce qu'il paraît, l'exemplaire qui se trouvait dans la bibliothèque de M. Cigongne, acquise en bloc par le duc d'Aumale, qui rétrocéda ce volume.
[24] Le titre porte par le citoyen S***. La marque des frontispices est une lyre surmontée d'une couronne avec des rameaux de laurier de chaque côté et les mots VERITAS IMPAVIDA. Une autre édition, très-probablement la même avec un frontispice renouvelé, porte l'adresse de la veuve Girouard, 1795. Le nom de Sade et la marque ont disparu; l'ouvrage est précédé d'une épigraphe de sept vers latins empruntés à Lucrèce et énonçant la pensée qu'il faut faire avaler aux enfants des breuvages amers, mais salutaires: «Nam veluti pueris absinthia tetra medentes...»
[25] Signalons encore ici une lettre autographe fort curieuse écrite par Napoléon 1er, lorsqu'il n'était sans doute que premier consul, et adressée à Joséphine; elle a été insérée dans un catalogue d'autographes publié au mois d'octobre 1865, par le libraire Charavay et reproduite dans la Petite Revue, numéro du 4 novembre 1865, pages 170 et 171, lettre signée N. avec paraphe, lundi à midi.