Le Feu central conserve toutes les propriétés que nous connoissons au Feu, mais il ne peut les déployer. Le Feu conserve toutes ses proprietés dans le centre de la terre, il y tend à l’équilibre, ses parties cherchent à se répandre de tous côtés, &c. mais il ne les exerce qu’en partie, car il ne peut surmonter entierement la force qui s’oppose à son action.

C’est ce Feu central qui fait que les Puits très-profonds ne se gelent point, que la Neige qui touche immédiatement la terre, fond plutôt que celle qui est sur du chaume, ou sur d’autres supports; enfin c’est lui qui est cause en partie du dégel, qui fait que pendant la gelée la plus forte, l’eau fume sous la glace, &c. Je n’aurois pas sitôt fini, si je voulois entrer dans le détail de tous ses effets.

Mais je n’ai déja que trop abusé de la patience du Corps respectable à qui j’ose présenter ce foible Essai, j’espere que mon amour pour la vérité me tiendra lieu de talens, & que le désir sincere que j’ai de contribuer à sa connoissance, me fera pardonner mes fautes.

Conclusion de la seconde Partie.

Je conclus de tout ce qui a été dit dans cette seconde Partie.

1o. Que le Feu est également distribué dans tous les corps inanimés.

2o. Que les créatures animées contiennent plus de Feu dans leur substance que les autres.

3o. Que l’attrition est le moyen le plus puissant pour exciter le Feu renfermé entre les Parties des corps.

4o. Que la masse des Corps, leur élasticité & la rapidité du mouvement qu’on leur imprime, augmentent infiniment l’activité du Feu qu’ils contiennent, & que l’attrition excite.

5o. Que le Feu raréfie tous les Corps, & les étend dans toutes leurs dimensions.