— De mieux en mieux. Nous l’emmenons à Pau… dès que nous t’aurons vue madame la mariée ! Mais oui ! Vos dates vont gouverner nos déplacements, mademoiselle ! Quand arrivera ta maman ?

— Dans huit jours, pour le nouvel an, — la parente de miss Marwell ne se décidant pas à quitter l’Angleterre avant Christmas !

— Et tes fiançailles ?

— Le 3 janvier, chez Mme Forestier, comme tu le sais déjà, probablement.

— Oui, oui ! La bonne amie veut — a-t-elle dit à papa — que la maison où s’ébaucha l’idylle en abrite la consécration ! Ainsi sera respectée l’unité de lieu exigée par les règles classiques !

Et Évelyne éclate de ce rire frais et cristallin qui ravit son amie. Ah ! quel allègement de l’entendre plaisanter avec cette pleine liberté d’esprit ! Tout s’ensoleille maintenant dans la pièce banale, grise et froide. Raymonde ne sent plus que la douceur de l’abandon et la tiédeur de la main amicale où la sienne repose.

— J’ai des renseignements innombrables à obtenir de toi, reprend Mlle Davier. Papa nous dit bien les choses en gros, mais un monsieur, bousculé par l’épidémie de grippe et l’installation d’une œuvre, a bien autre chose à penser qu’à satisfaire la curiosité d’une jeune sotte. Ta bague est-elle choisie ?

— Oui ! Beaucoup trop belle ! Une goutte de rosée cristallisée sur un cercle d’or !

— Parfait, poétique enfant ! Et malgré toi, traditionnelle ! Je gagerais que tu porteras la robe rose des ingénues, pour le repas des accordailles !

— Gagné ! Mais toi-même, penses-tu à ta toilette ?