VIII

La porte aux lourdes ferrures s’ouvrit.

— On vous demande au cabinet de M. le Juge d’Instruction.

Airvault se leva, excédé. Quel nouvel assaut allait-il soutenir ? Il suivit son guide à travers les passages qui, communiquant de la prison Saint-Pierre au Palais de Justice, lui évitaient du moins le déplaisir des regards curieux.

Un homme attendait sur une banquette du couloir, entre deux gardes de Paris. Airvault n’y prit point attention, tout à son inquiétude, tandis que s’ouvrait la porte de la pièce où il avait subi la question ordinaire et extraordinaire.

Me Bénary, qui causait avec le juge d’instruction, vint à son client, un sourire jouant sur ses lèvres rasées.

— Airvault, excusez ce procédé étrange, dit l’avocat presque enjoué. Je n’ai pas voulu vous voir en particulier avant cet interrogatoire, afin que votre loyauté éclatât de façon plus convaincante aux yeux de notre juge.

Étonné, indécis, l’inculpé regarda craintivement le magistrat. Il lui parut que cette physionomie de myope, au nez de rat fureteur, s’était éclairée et que les gros verres du binocle ne se braquaient plus sur lui de la même façon agressive.

La voix un peu chevrotante était aussi moins acidulée.

— Airvault, commença M. Verbois avec une certaine bienveillance, je ne vous cache pas que deux faits nouveaux se produisent, capables d’atténuer un peu les présomptions qui vous sont défavorables. Vous prétendez toujours que le camée, trouvé en votre possession, vous fut remis par M. de Terroy afin que vous en reproduisiez le dessin ?