[4] L’acte de naissance de Mathurin Regnier, relevé sur le registre de la paroisse Saint-Saturnin, est ainsi conçu :

« Mathurin, filz de Iacques Renier & de Symonne Deportes, sa feme ; les parrains, honorables psonnes, Mathurin Troillart, proc. au siege psidial de Ctres et Iehan Poussin, marchant, la maraine madae Marie Edeline ve de Phlippes Desportes, le xxij ir du moys de dcebre. »

[5] M. Lecocq a relevé sur le registre des actes de naissance de la paroisse Saint-Saturnin la date de naissance d’Antoine Regnier (26 novembre 1574) & de ses sœurs : Marguerite (26 novembre 1578), Loyse (11 janvier 1580) & Geneviesve (1584). Mathurin a donc été l’aîné de six enfants, deux garçons & quatre filles, les trois dernières mortes probablement avant 1597.

[6] Dans son acte de mariage du 19 août 1593, également relevé par M. Lecocq, Abdenago est qualifié de contrerouleur du Roy.


La question du tripot qui préoccupe si vivement le correspondant du Mercure de France a joué un rôle démesuré dans la biographie de Regnier. Elle a été exploitée avec perfidie par les détracteurs du poëte, & ceux qui ont voulu l’éclaircir avec impartialité se sont toujours abandonnés à des conjectures hasardées. La légende la plus accréditée est que ce tripot, dont on a voulu faire le berceau de Regnier, fut construit en 1573 avec les matériaux provenant des démolitions de la citadelle de Chartres. Or cette fortification a été élevée en 1591. Une autre hypothèse devient donc nécessaire. En 1584, les vieux bâtiments des Halles tombaient en ruines. Il fallut les abattre, & comme ils appartenaient pour moitié à l’évêque, Jacques Regnier obtint par Desportes, son beau-frère, l’abandon d’une partie des matériaux qui servirent à la construction du tripot. Cette dernière supposition, préférable à la première, n’a toutefois guère plus de réalité.

Une délibération[7] du conseil de ville à la date du 25 avril 1579 vient préciser exactement les faits. Elle montre comment le père du poëte fut amené à édifier un jeu de paume au fond de son jardin, & il est permis de croire qu’aucun motif d’intérêt ne se mêla d’abord à cette entreprise. Afin d’éclaircir d’une manière plus complète un incident que la malveillance a défiguré pour en tirer un blâme contre Regnier & sa famille, nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs le texte même de la délibération.

[7] Ce document nous a été communiqué par M. Lecocq.

Jacques Regnier expose qu’il « a une maison auec cour & jardin, assise pres & devant le pilory de cette ville. Et par derriere, juxte les remparts, entre les portes Saint-Michel & des Epars ; que les immondices qu’on jettoit sur le rempart tombant en son jardin, il auroit fait construire une muraille de 22 toises de longueur, de hauteur de 18 pieds & d’épaisseur 4 pieds & demy par le bas, revenant en haut à 2 pieds & demy ; ce qui soutient même les terres du rempart, & sert à la fortification d’iceluy & décoration de la ville. Et que, pour recouvrer une partie de ses frais, ayant commencé à faire bâtir un jeu de paulme, dont fait partie ladite muraille, il requiert de lui permettre de construire un mur de bauge, sur ledit rempart à chacun bout de ladite muraille, en laquelle il fera deux huys fermant à clef. Sur quoy apres le rapport de la visite qui a esté faite des lieux, Il est permis audit Regnier de faire à chacun des bouts de sa muraille un mur de bauge avec un huis & huisserie fermant à clefs, dont une servira audit Regnier, & en baillera une autre aux Echevins pour ouvrir & fermer lesdits huys. A la charge de tenir les terres du rempart entre les dites clotures & tallus, sur luy, du costé de sa muraille, de paver le fond & place d’entre les dites clotures, pour recevoir les eaux & les faire distiller par dalles & goutieres, sans danger des dits remparts & murailles, & en outre, de payer chacun an, au iour de Saint-Remy, la somme de une livre tournois entre les mains du receveur des deniers communs de la ville[8]. »

[8] Extrait du 2e vol. du Registre des Échevins de la ville de Chartres (1576-1607), fo 30. Décision du 25 avril 1579.