— Et qu’est-ce donc, grand Dieu ?

— C’est une simple rose de mai, une rose des pays chauds. Mais vous devez en avoir des milliers à Naples.

— Mais celle-ci vient de Jéricho ! m’écriai-je presque les larmes aux yeux.

— Certainement : cependant ce n’est pas la « rose des Évangiles ».

— Et vous, l’avez-vous jamais vue ?

— Non seulement je l’ai vue, mais j’en possède trois ou quatre. Je vous en donnerai une.

En retournant en Italie, j’emportai donc la vraie rose de Jéricho, enfermée dans une petite boîte avec une notice scientifique. C’est une petite fleur sèche, roulée en cornet, grande comme un ongle ; elle a des rameaux qui s’élargissent comme les branches d’un candélabre et portent deux autres petites fleurs. Si l’on trempe la tige dans l’eau, ces petites feuilles s’ouvrent, sans reprendre leur couleur. Du reste, voici la notice scientifique : « La rose de Jéricho est une plante de la famille des composites, grisâtre, laineuse, largement ouverte sur le sol. La capsule des feuilles séchées présente des qualités hygrométriques très remarquables, sur lesquelles M. de Saulcy attira le premier l’attention. C’est pourquoi cette plante, qui est l’astericus aquaticus, est aussi appelée saulcya higrometrica. Ses propriétés, bien plus accusées que dans la plante des crucifères nommée anastatica antherocuntica (la fausse rose de Jéricho), de même que son abondance dans les plaines d’El Zelzeyd, ont conduit de Saulcy et Michon à considérer l’astericus aquaticus comme la plante hygrométrique connue des anciens sous le nom de rose de Jéricho. Ces voyageurs ont de plus fait observer que les armes de certaines familles remontant aux Croisades représentent comme rose de Jéricho une plante qui ressemble à l’astericus et pas du tout à l’asterica. L’astericus se trouve sur la montagne de la Quarantaine. »

Je l’ai, cet astericus. Dans l’eau il s’ouvre, mais il reste gris, sec et laineux. Et c’est la rose de Jéricho…

EN GALILÉE

I