Lorsque je montai dans le compartiment du petit chemin de fer, qui allait m’éloigner de Jérusalem, mon cœur se brisa. Les yeux fixes, je contemplai avidement la Ville Sainte et ses collines ; je lui dis adieu, comme à un ami qu’on ne doit plus revoir. Personne n’était venu m’accompagner et nul ne vint troubler mon désespoir. Seuls, des Anglais placés à côté de moi me regardaient avec étonnement et échangeaient entre eux des opinions peu favorables pour moi, dont je me souvins plus tard. En ce moment, je ne quittais pas la portière, et j’essayais de fixer dans ma mémoire tous les détails du tableau que j’avais sous les yeux, afin de pouvoir l’évoquer sans cesse dans l’exil. J’entendais à peine les bruits extérieurs ; il me semblait que j’étais entourée de fantômes, et cependant le soleil brillait de tout son éclat, l’air était pur et parfumé. Un coup de sifflet strident interrompit ma rêverie douloureuse, le train s’ébranlait avec lenteur. Déjà Jérusalem disparaissait et la vitesse du convoi augmentait rapidement. Tout était bien fini : je pouvais maintenant vivre ou mourir, être heureuse ou malheureuse, je ne ressentirais plus de semblables émotions. Alors, tandis que la Tour de David paraissait se fondre dans le lointain, je fis un serment et un vœu. Je jurai d’écrire, au nom de Jésus et de la foi, en faveur des pays qu’il a bénis, un livre, sinon le meilleur et le plus artistique, du moins le plus humain et le plus sincère de mon œuvre. Je promis de le faire avec toute l’humilité d’une vraie chrétienne, qui doit être lue par des chrétiens, humbles aussi et pleins d’espoir.

J’ai tenu mon serment, et j’accomplis aujourd’hui mon vœu. Je dépose cet ouvrage au pied de la Croix et, tendant les bras vers elle, je répète, pour mes fils et pour moi, les paroles des premiers chrétiens : Ave, spes unica.

TABLE DES MATIÈRES

NOTE DU TRANSCRIPTEUR : Cette table ne figure pas dans l’original.

Avant-propos

[I]

VERS LA SYRIE

I.

— En mer

[3]

II.

— Le Nil

[10]

III.

— Le Caire

[15]

IV.

— Les Pyramides

[22]

V.

— Syrie, Syrie !

[30]

LE VŒU ACCOMPLI

I.

— En chemin de fer

[41]

II.

— Dans l’église

[48]

III.

— Cette Tombe

[54]

IV.

— En adoration

[60]

V.

— Dans la nuit

[67]

JÉRUSALEM, JÉRUSALEM !

I.

— La Ville

[77]

II.

— Le peuple

[83]

III.

— L’Ame

[90]

LA VOIE DOULOUREUSE

I.

— Le mont des Oliviers

[99]

II.

— Gethsémani

[105]

III.

— Le Chemin de la Croix

[111]

IV.

— Le Calvaire

[117]

V.

— Les pleurs d’Israël

[133]

VI.

— La vallée de Josaphat

[129]

VII.

— Ombre qui souffre…

[133]

DANS L’IDYLLE

I.

— Ephrata

[147]

II.

— La crèche

[152]

III.

— Le Précurseur

[158]

A QUATRE CENTS MÈTRES

I.

— Jéricho

[167]

II.

— En palanquin

[174]

III.

— Sodome et Gomorrhe

[180]

IV.

— Le Jourdain

[185]

V.

— La rose de Jéricho

[190]

EN GALILÉE

I.

— En marche

[205]

II.

— M. Hardegg

[209]

III.

— Le marchand de grains

[217]

IV.

— Le Carmel

[226]

V.

— Vers Nazareth

[232]

VI.

— L’histoire de la Vierge

[240]

VII.

— Une journée à Nazareth

[249]

VIII.

— Sur le Thabor

[257]

IX.

— Tibériade

[263]

X.

— Sur le lac

[271]

XI.

— Le Mont des Béatitudes

[276]

XII.

— Magdala

[282]

SAINT FRANÇOIS EN PALESTINE

I.

— L’hospitalité

[291]

II.

— L’œuvre

[297]

LE DERNIER JOUR

I.

— Une espérance

[305]

II.

— Issa Cobrously

[311]

III.

— Les adieux

[323]

PARIS
TYPOGRAPHIE PLON-NOURRIT ET Cie
8, RUE GARANCIÈRE