—Il le faudra pourtant bien, répondit le brigadier exaspéré.
Et aussitôt, il dénoua la longe qui pendait à l'arçon pour attacher François par les menottes à son cheval. Puis il se mit en selle.
Dès le premier pas, le malheureux chancela et vint tomber sur la croupe de la bête qui fit tête-à-queue.
—Qu'on m'apporte une corde, hurla le brigadier, je la lui passerai au cou.
C'est alors que survint l'honnête monsieur Haye, qui, de sa voix ferme et posée s'adressant au gendarme:
—Mais, Monsieur, ce n'est pas ainsi que l'on traite le monde. Vous voyez bien que monsieur l'abbé a de la peine à se tenir droit.
—Eh bien! qu'y faire? repartit l'autre, un peu honteux d'avoir été surpris en colère par un homme si raisonnable. Je n'ai pas de voiture. Voulez-vous lui en payer une?
—Volontiers, répondit monsieur Haye. Combien faut-il?
—J'en fournirais une pour trente sous, dit un des plus acharnés bourreaux qui saisit l'occasion d'un profit.
Monsieur Haye lui remit sur l'heure une pièce de quarante sous, et il ajouta en s'adressant à tous: