— Un moment! On y serait fort en peine de vous donner le moindre renseignement, pour l'excellente raison qu'on ignore ce dont il s'agit.
— Je ne saisis pas bien, fit Coche. On n'a pas connaissance du crime au commissariat, et vous en êtes informé, vous? Comment?
— Voyez, fit Avyot en lui tendant le journal.
Coche parcourut pour la seconde fois son information de dernière heure, et parut la lire avec la plus grande attention.
— Diable, murmura-t-il, quand il eut fini. Voilà qui me semble louche. Êtes-vous bien sûr de n'avoir pas été mystifié?
— Si j'en étais absolument sûr, répliqua le secrétaire, je n'aurais pas mis la mention «sous toutes réserves…» Cependant — et son air devint mystérieux — j'ai de bonnes, d'excellentes raisons de croire.
— Serait-il indiscret de vous demander ces raisons?…
— Indiscret?… Non… Mais inutile, tout au moins… Au demeurant la situation, assez simple, peut se résumer en quelques mots: Vérifier tout d'abord l'information. Ensuite, étant les premiers et les seuls à l'avoir, profiter de nos vingt-quatre heures d'avance sur les autres journaux pour pousser notre enquête parallèlement à celle de la police. Je pense que mon correspondant ne s'en tiendra pas à sa communication de cette nuit, et que je le verrai sous peu, ne serait-ce que pour toucher quelque argent…
— Croyez-vous? fit Coche.
— Je le crois, affirma le secrétaire.