Vite épuisé, et pitoyable, le pauvre dit:

—Laissez-le voir souffler. C'est trop lourd pour lui.

—Bien sûr que non. C'est feignantise! Si on le quitte là-dessus, on ne pourra plus le mettre en route en pleine côte. Hue! ho!… Passe un caillou pour caler la roue. On va y faire grimper par le travers pour démarrer….

Le mendiant prit un caillou et le tendit:

—Tiens voir, dit le charretier. Moi, je reste à la roue. Voilà le fouet. Prends le bidet par la figure, et mets-y de la mèche à grands coups dans les jambes, en appuyant à gauche. Il va partir.

Cinglé par la douleur, le cheval essaya un effort. Le sol flamba sous ses sabots, et des cailloux grincèrent.

—Ça va! ça va!

Mais, comme le cheval se jetait de côté, le charretier penché pour placer le pavé sous la roue, fit un faux pas. Le cheval eut un léger recul. L'homme poussa un cri et tomba.

Il était sur le dos, la face convulsée, les yeux hagards, les deux coudes rivés au sol, ses mains solides crispées au cercle de la roue, l'empêchant de lui défoncer la poitrine.

D'une voix affolée, il cria au mendiant: