… Qui sait?… Cela non plus n'est rien, peut-être?… Quand le vertige vous a pris, on se sent attiré irrésistiblement.
Je sens très bien cela…
… On n'est plus rien…
… On ne sent plus rien…
… L'inconnu vous appelle,
… vous tire… vous happe…
… Et on appuie sur la déten…
Circonstances atténuantes
Ce fut par le journal que la Françoise apprit l'arrestation de son gars.
La chose lui sembla d'abord si monstrueuse qu'elle n'y voulut point croire.
Son gars, son petit gars, si poli, si timide, qui était venu un mois auparavant passer les congés de Pâques auprès d'elle; son gars, un voleur et un assassin?… Elle le revoyait! dans son uniforme de fantassin, avec sa bonne figure; elle sentait encore sur ses joues ridées la caresse de son gros baiser d'au revoir, et, remuant ces souvenirs doux et tranquilles, haussait les épaules, se répétant:
—Sûr, ils se sont trompés. Ce n'est pas lui.
Pourtant, c'était bien écrit, en grands caractères: «Un soldat criminel.» Ça se passait dans la garnison du petit, et l'on disait son nom, en toutes lettres.
Elle demeurait atterrée, les lunettes levées sur le front, les mains jointes, la bouche tremblante, parlant toute seule, dans le silence tiède de la cuisine, regardant sans les voir le vieux chien assoupi près de la porte ouverte, et l'horloge qui, dans sa gaine, coupait le temps de son tic-tac grave et traînant…
Quelqu'un entra. Elle sursauta: