Elle avait pris une de ses mains dans la sienne, et de l'autre épongeait son visage couvert de sueur, essayant de le calmer.
Lui, à ce contact, sous cette lente caresse, s'apaisait. Sa voix se faisait moins tranchante, ses paroles moins heurtées, et leur sens devenait plus clair. Il parlait avec, parfois, une intonation de colère.
—Ah! te voilà?… Mais oui. Une autre fois, j'arriverai plus tôt. Je suis allé un peu loin pour t'apporter des fleurs… Pas jolies?… Dimanche, si tu veux, nous sortirons ensemble. On ira déjeuner au bord de l'eau, et le soir, on se couchera de bonne heure. On aura toute la nuit pour s'aimer… Si tu savais comme je t'aime! J'aime tes yeux, tes cheveux, ta peau qui sent bon.
Il disait tout cela d'une voix suppliante, comme une prière passionnée.
Ensuite, il se remit à parler vite, brouillant les mots.
La Soeur, le regard perdu, laissait passer sans les interrompre toutes ces phrases, et c'était comme une musique d'amour, sur qui chantait la prière que ses lèvres machinalement, murmuraient.
Le malade geignait. Tout à coup, comme il semblait près de s'assoupir, il se dressa, d'un brusque coup de reins.
—Qu'est-ce que tu dis?… M'en aller?… Ne plus revenir?…
Il haletait, le souffle court, pénible, rauque, et cette sorte de râle fit tressaillir la religieuse.
Elle prit une lumière, et l'approcha de lui.