— Je suis persuadé qu’il ne s’est rien passé entre Paulette et le docteur V…

Et je lisais avec une netteté absolue dans son regard qu’il était certain qu’elle était la maîtresse du docteur V…

Il reprit :

— Mais beaucoup de gens le disent. On les voit souvent ensemble. Cela paraît vraisemblable. Et puis, de toi à moi, veux-tu que je te parle franchement ?…

Je fis faiblement signe que oui, sentant que j’allais entendre des paroles qu’il aurait mieux valu ne pas entendre.

— Paulette n’est pas la maîtresse qu’il te faut. Tu as les désavantages et tu n’as pas les avantages. Si encore elle était jolie !…

Il se reprit aussitôt :

— Elle est jolie… je veux dire… si elle était très jolie, enfin, une beauté…

Je ne l’écoutais plus. Une flèche empoisonnée était dans mon cœur. Ainsi Charles ne trouvait pas Paulette jolie ! Mais non ! C’était impossible ! Il disait cela pour la dénigrer, par un bas sentiment de jalousie, de haine.

J’entendis vaguement qu’il énumérait divers défauts, des torts que Paulette avait eus et qui à tout autre moment m’auraient paru réels.