Dans une perle creuse il y a une petite princesse endormie. Elle tient dans sa main minuscule, une perle invisible à nos yeux et dans le sein de cette perle reposent un soleil, une lune, une terre et toutes les planètes en mouvement à travers un ciel moins grand qu’une fourmi.
Notre univers à nous repose aussi dans la perle creuse d’une princesse géante que nous ne voyons pas à cause de son immensité. Comme nous sommes grands et comme nous sommes petits ! Lequel des deux, en vérité, et combien y a-t-il de princesses qui dorment ?
LA RUE DU CHAGRIN
Cette rue, cette rue si courte, avec ses tamariniers par-dessus les murs qui faisaient une ombre bleuâtre, je l’appelais la rue de la félicité.
Je la franchissais d’un seul élan et j’arrachais avec la main une touffe de feuillage que j’éparpillais derrière moi.
Ta maison était à droite, une petite maison avec un toit bas et une porte en ébène noir et j’appelais cette maison la maison du bonheur.
La chambre où tu reposais sous la moustiquaire avait des carrelages de couleurs et j’y avais vécu tellement d’heures d’ivresse que je l’appelais la chambre des souvenirs.
A droite est toujours ta petite maison. Les tamariniers font une ombre bleuâtre. Mais la rue est interminable, et je l’appelle la rue du chagrin.
LE JEUNE HOMME DU CRÉPUSCULE
Le jeune homme que j’avais vu passer avait un turban couleur de safran et une robe blanche serrée à la taille par une cordelière d’or.