— Je rentrerai à pied, en me promenant, dis-je, dès que la pluie sera un peu calmée.
Je pensais montrer de la délicatesse par ces paroles. Inès referma brusquement la porte puis, avec lenteur, elle ôta son châle qu’elle avait remis pour regagner la villa.
— Mon châle est tout mouillé, dit-elle.
Elle fit deux ou trois pas et je remarquai qu’elle avait quelque chose de félin dans le mouvement des épaules qui la faisait ressembler à une panthère.
Elle revint vers moi, en souriant un peu ironiquement.
— Avez-vous une cigarette ? dit-elle.
Je cherchai fébrilement mon étui.
— Voilà du feu, et elle fit craquer une allumette qu’elle me tendit.
Elle était tout près de moi et il me sembla qu’elle m’offrait aussi ses lèvres.
Je soufflai l’allumette. J’allais prendre Inès dans mes bras, mais au moment où la palpitation de la flamme s’éteignit, je vis un homme à gros ventre et à tête d’éléphant qui me regardait. Je sentais que les lèvres d’Inès étaient humides et chaudes. Mais je me refusai à y penser.