Lao-Tseu se taisait toujours.

— N’ai-je donc pas raison, dit Confucius, avec le ton d’un homme qui se justifie d’une accusation qui n’a pas été formulée, moi qui aime le bien et voudrais le répandre, de rechercher la confiance d’un prince et de vouloir devenir son ministre ?

Lao-Tseu fit signe que non en secouant la tête.

Mais, alors, que fallait-il faire ? Assister les bras croisés à la décadence de l’empire, où s’écroulait la morale, où la vertu tombait en poussière ? Quel était, d’après Lao-Tseu, le but de la vie ?

— Atteindre la voie parfaite.

Et comment y parvenait-on ?

Lao-Tseu montra la pierre où il avait coutume de s’asseoir.

— Par l’immobilité.

Confucius eut de la peine à ne pas hausser les épaules.

Ah ! oui, la méditation ! Mais à quoi servait cette stérile envolée vers un ciel inexplicable. La méditation n’empêchait pas le mal de s’étendre et les hommes de souffrir.