— Viens me rejoindre, cria Lao-Tseu.

— Comment le pourrais-je ? répondit Confucius. Je ne puis supprimer la matière.

— Alors, monte.

Confucius vit que Lao-Tseu volait très haut au-dessus de lui dans l’espace bleuissant.

— C’est impossible, mes ailes me portent à peine.

— Sois animé par le désir de l’élévation et tes ailes deviendront immenses, dit la voix de Lao-Tseu affaiblie par l’éloignement.

— Je les sens devenir plus petites à chaque minute, et, regardant par-dessus son épaule, Confucius vit qu’en effet ses ailes diminuaient de plus en plus et n’avaient plus que quelques plumes rabougries.

L’aurore naissante illuminait l’espace céleste de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

— Renonce à la terre et tu trouveras la voie divine, dit Lao-Tseu de très loin.

Mais cette parole ne fut pas perdue.