Je songeais dans le vague de la fumerie, combien le cœur humain est incompréhensible, quand je m’aperçus que j’avais pris, sans y penser, la main de Jacqueline dans la mienne.

— Pourquoi boudez-vous, Jacqueline ?

— Aimez-vous cet ambre royal ? répondit-elle.

— Je l’aime en principe, si vous en portez, mais je ne le sens pas.

— Tenez, j’en ai là dans mon cou.

Je me penchai sur le cou de Jacqueline. Cet ambre royal était tout à fait exquis.

SOUVENIRS

C’est dans ce restaurant où je dîne avec Jacqueline en parlant de Marco, que j’ai vu pour la première fois Jacqueline, il y a deux ans.

Elle était assise en face de moi, avec son amie Rirette, des Variétés ; elle avait un grand chapeau bleu, une toilette d’été qui laissait voir son cou, elle riait d’une façon un peu affectée en montrant ses dents, et elle mangeait sans honte avec un grand appétit.

Je demandai à Marco, qui était près de moi, s’il ne connaissait pas ces deux femmes, seules à une petite table, dont l’une emplissait le restaurant de sa gaieté.