Marco répondit que toutes les femmes étaient assommantes et que celles-là lui portaient particulièrement sur les nerfs à cause du bruit qu’elles faisaient.
Il ne les avait même pas regardées.
J’insistai pour qu’il tournât la tête de leur côté.
Il déclara qu’il connaissait un peu Rirette, qui était assez charmante, mais que son amie lui paraissait, entre tous les êtres qu’il lui avait été donné de voir, un des plus prétentieux et des plus insupportables.
Il avait, pour exprimer ce jugement, élevé un peu et sans raison le ton de la voix et, à l’éclair de stupeur qui passa dans les yeux de Jacqueline, je compris qu’elle avait entendu.
Une femme qui a vingt ans et qui a atteint un certain degré de beauté éclatante ne voit dans la critique de son physique qu’une invraisemblance d’un caractère comique. Elle regardait de notre côté, sans colère, avec curiosité.
J’étais distrait par son regard autant que par les notes de son rire qui résonnait à nouveau.
— Marco, dis-je, puisque tu connais un peu l’amie de cette délicieuse femme gaie, va lui parler quand elle se lèvera pour partir et fais en sorte que nous puissions les accompagner dans la nuit. C’est vrai, toutes les femmes sont assommantes, mais celles-là nous distrairont ce soir.
Un flot de sympathie me poussait vers Jacqueline, mais je parlai ainsi à cause d’un stupide amour-propre qui m’obligeait, quand j’étais avec Marco, à être de son avis sur le point que les femmes devaient être un simple passe-temps.
Marco commença par maudire le mauvais génie qui me poussait à rechercher la compagnie des femmes, source de tout ennui. Nous dînions, nous étions joyeux et amicaux, l’infini de la soirée, avec des flâneries, des cinématographes et des bars, était devant nous. Il insista pour que cette solitude entre camarades ne soit pas troublée.