J’insistai aussi et il se décida à aller dire bonjour à Rirette.
Quelques minutes après une auto nous emportait vers le Bois.
— Cette femme, me dit à voix basse Marco en désignant Jacqueline, est décidément insupportable.
Je répondis : Tu as peut-être raison. Et comme il écoutait d’interminables potins de théâtre racontés par Rirette, nous causâmes familièrement, Jacqueline et moi, nous eûmes cette conversation délicieusement banale où l’on se trouve des goûts et des habitudes semblables, des manies communes, l’amour des mêmes livres et des mêmes acteurs.
Et durant tout le soir, dans les allées du Bois où une odeur de terre mouillée venait jusqu’à nous, à Armenonville, devant les boissons glacées, dans le frémissement des robes, et jusque sur la porte de la maison où nous laissâmes Jacqueline en lui disant : à demain, inlassablement tinta son rire clair et frais comme les verres où nous avions bu les orangeades.
— Comment la trouves-tu ? dis-je à Marco.
— Mon opinion ne change pas. C’est vraiment une femme horriblement gaie.
Je répondis : elle est en effet beaucoup trop gaie.
Marco me quitta en me disant :
— Bonne chance pour demain !