— Serpent, mon ami, rendons grâce à Dieu ! Que cette leçon te profite, à toi et à ta descendance ! Que cela t’enseigne combien il est mauvais d’agir injustement, car tôt ou tard le Ciel nous punit. Va, serpent, je te rends la liberté !

Le serpent s’enfuit aussitôt. Lors le moine admonesta le voleur, tout en le délivrant et en le remettant sur ses pieds.

— Mon ami, pourquoi, docile à la voix du mal, as-tu entrepris de nous priver du fruit de notre travail ? Ces herbes et ces légumes que je cultive, insensible au beau comme au mauvais temps, sont-ils tiens ? Et, s’ils te tentaient, pourquoi ne m’as-tu pas demandé de t’en donner une part ? Prends-en donc à ta suffisance, et, quand tu en éprouveras le besoin, viens à moi sans honte, et tu en recevras toujours, plus ou moins, suivant la saison.

Et le larron, ayant rebouclé sa chaussure, s’en fut grandement mortifié, car pour les âmes viles, il n’est rien de plus pénible à supporter qu’un bienfait.

TABLE

La Gardienne de l’Idole noire[1]
Histoire du berger Nicolas et de la demoiselle Monette[117]
La Légende singulière et naïve des Sept Dormants d’Éphèse[253]
Véridique Histoire de la Vierge Marine[289]
Le Miraculeux Serpent de Fondi[299]

Achevé d’imprimer
le vingt-huit avril mil neuf cent dix
PAR
ALPHONSE LEMERRE
6, RUE DES BERGERS, 6
A PARIS