Prudemment, je me tus.
Quelques secondes plus tard, je pus entendre Félix ouvrir la porte du couloir, et s’en aller.
Enfin Bouvancourt se montra.
— Ho ! — lui dis-je — Qu’avez-vous fait ?… Dans quel état vous êtes !
Dès l’abord, son aspect m’avait interloqué. La cause de ma surprise se précisa peu à peu.
Le physicien avait l’air entouré d’un brouillard très mince ; une sorte de teinte violette, analogue pour l’œil à de la moisissure, l’enveloppait tout entier de sa couche vaporeuse et transparente. — Une forte odeur d’ozone se répandit.
Bouvancourt ne s’en émut pas.
— Tiens ! — fit-il simplement. — Très curieux, en effet. C’est, à coup sûr, une trace de la maudite expérience. Cela s’en ira progressivement.
Il me tendait la main. Le halo coloré qui la gantait de mauve était impalpable, mais je fus étonné de sentir cette main extrêmement flasque. Tout à coup, le savant la retira brusquement des miennes et s’étreignit la poitrine, sous l’empire évident d’une palpitation.
— Vous n’allez pas bien, mon cher ; il faudrait vous reposer. Si je vous examinais ?