—Je n'ai pas besoin de tes commentaires.
—Suffit, mon colonel!
La réponse de mon père m'arriva comme j'étais sous les verroux. Sa lettre était pleine de bonnes raisons pour me faire abandonner mon idée de mariage avec une mameluke.
En résumé, il me refusait son consentement. Je lui répondis sur-le-champ que tout était rompu.
Abdallah-Menou ne me fit grâce ni d'un jour ni d'une heure de prison. Je crois même qu'il me vola de plusieurs minutes. Je retournai enfin chez moi. Dès le lendemain, je vis arriver mademoiselle de Cérignan. Elle m'aborda en me disant:
—Vous êtes décidément fou, mon pauvre colonel! Comment, vous envoyez le Dauphin demander la main de votre maîtresse? Il va épouser la fille d'un mameluk, à quinze ans et demi!
—Louis est maintenant un homme, et
Dans les âmes bien nées...
—J'avoue que je ne m'attendais guère à ce dénoûment! Je vous ferais même mes compliments sincères d'avoir rompu votre extravagant mariage, si vous n'aviez mis le Dauphin dans la situation ridicule où vous étiez il y a un mois. Il faut le tirer de cette fâcheuse affaire, le débarrasser de ces femmes qui veulent exploiter sa position. Il ne peut rester entre les mains des mameluks.
—Pourquoi pas? Il y sera choyé, fêté...