Ma bouche rencontra la sienne. Elle trembla et bondit sous ce premier baiser, en s'échappant de mes bras.
Son esclave Tomadhyr entra en ce moment.
—Que veux-tu? lui demandai-je impatienté de sa présence.
—Je venais savoir si la sultane était rentrée, afin de l'aider à se déshabiller.
—Va-t'en! et ne viens jamais sans être appelée, lui répondit sa maîtresse avec colère. Quand elle fut partie, Djémilé vint à moi, et, d'un air sérieux, me dit:—Je serais méprisable à mes propres yeux, si je me donnais à toi avant d'être ta femme. Demande-moi à mon père.
—Et où le prendre?
—Il doit être dans le Fayoum.
—Mais, chère enfant, quand même je pourrais y aller maintenant, ce serait en pure perte. Ne suis-je pas l'un de ses ennemis?
—Et pourquoi ne deviendrais-tu pas son ami?
—Parce que ce serait déserter mon drapeau et trahir l'armée.