—Elle en a menti! Je vais lui signifier de s'en aller sur-le-champ, si vous le désirez.

—À quoi bon? De toutes façons je ne dois pas rester ici, quand ce ne serait que pour mon frère.

—Êtes-vous bien sûre que Louis soit votre frère?

—Parfaitement sûre.

—Vous l'avez vu naître?

—Voyons! Est-ce que vous persistez à le croire mon fils?

—Non, certes, oubliez ma sottise.

—Le service que vous m'avez rendu en secourant mon pauvre père et en sauvant cet enfant, efface le souvenir de votre injure.

—Eh bien, écoutez, ma chère demoiselle; puisque j'ai sauvé cet enfant si précieux et que vous voilà orpheline, sans autre protecteur que moi, confiez-moi la vérité. Je vous aiderai à cacher ce redoutable secret de la naissance de Louis. Sachez qu'il me l'a déjà dit; mais, moi, je ne sais pas s'il rêve qu'il est le Dauphin. Si cela est je ne m'engage pas à servir sa cause. Au contraire, je la combattrai jusqu'à la mort; mais je protégerai sa vie. Je ne suis pas de ceux qui font la guerre aux enfants et aux femmes, vous le savez bien.

Mademoiselle de Cérignan était redevenue pâle, et il me sembla lire dans ses yeux un moment d'hésitation; mais, tout aussitôt, elle reprit son air froid et accablé.