— Je me suis informé de toi au bureau : elle y était. Et elle me dit : « Pourquoi aller à pied dans le sable ? Allons en bateau ; moi aussi je vais chez lui. » Et nous sommes partis.

— Oui !… Et moi je me suis souvent demandé : « Comment est-il maintenant, mon Iakov ? »

Le fils sourit avec bonhomie ; cela donna du courage à Vassili.

— Et… comment la trouves-tu ?

— Pas mal… dit vaguement Iakov en battant des paupières.

— Le diable n’y ferait rien, s’écria Vassili en agitant les bras. Je tins bon au commencement… Impossible ! L’habitude… Je suis un homme marié !… Et puis, elle me recoud mes vêtements, et ainsi de suite… D’ailleurs on n’échappe pas plus à la femme qu’à la mort !

Cette maxime sincère termina son explication.

— Qu’est-ce que cela me fait ? dit Iakov. C’est ton affaire, je ne suis pas ton juge.

Et à part lui, il pensait : « Je voudrais bien la voir reprisant un pantalon !… »

— J’ai quarante-cinq ans, ce n’est pas la vieillesse… Elle me coûte peu ; que diable ! elle n’est pas ma femme… continuait Vassili.