— Moi ? Bon ! s’écria Iakov. Attends, ha ! ha ! ha ! Je te montrerai… Bon ! Quelle demoiselle ça fait !
Il grogna encore un peu, puis s’endormit avec un sourire ivre et rassasié sur sa face rouge.
Vassili planta dans le sable trois pieux dont il réunit les bouts, jeta dessus une natte et, ayant ainsi sommairement arrangé un abri, il se coucha à l’ombre, mit ses mains sous sa nuque et contempla le ciel. Quand Malva s’approcha et se laissa tomber sur le sable à côté de lui, il tourna vers elle son visage plein de ressentiment.
— Eh ! quoi, vieux ? demanda-t-elle en riant, tu ne te réjouis pas plus que ça de voir ton fils ?
— Il se moque de moi… Et pourquoi ? A cause de toi tout cela, répondit Vassili d’un air sombre.
— A cause de moi, vraiment ?
Elle s’étonnait avec malice.
— Mais… sans doute !
— Ah ! Comme tu m’affliges !… Que faire maintenant ? Il ne faut plus que je revienne, dis ? C’est bien, je ne reviendrai pas…
— Sorcière, va ! Ah ! ces êtres-là !… Il se moque ; toi aussi… et vous êtes ce que j’ai de plus proche. Et de quoi vous moquez-vous ? diables que vous êtes !