— C’est mon affaire… Eh bien ! quand m’épouses-tu, Malva ?

— Commence par me dire ce que nous ferons et comment nous vivrons. Alors je réfléchirai, répondit-elle sérieusement.

Serejka regarda la mer, pinça les yeux et dit, après s’être léché les lèvres :

— Nous ne ferons rien, nous nous promènerons sur la terre.

— Et comment ferons-nous pour manger ?

— Bah ! dit Serejka avec un geste de découragement, tu raisonnes comme ma mère. « Quoi ?… Comment ?… » C’est ennuyeux, les femmes ! Est-ce que je sais, moi ? Je m’en vais boire…

Il se leva et s’en alla, reconduit par un étrange sourire de Malva et par un regard hostile du jeune homme.

— Quel commandant ! dit Iakov quand Serejka fut loin. Chez nous, au village, on aurait vite fait de remettre ce vantard à sa place. On lui aurait donné une bonne leçon. Tandis qu’ici on a peur de lui…

Malva toisa Iakov et dit entre ses dents :

— Tu ne sais pas ce qu’il vaut !