— Qu’est-ce qu’il y a à savoir ? Il vaut cinq copeks le cent.

— En voilà des idées ! s’écria Malva moqueuse. Ça, c’est ce que tu vaux, toi !… Et lui, il a été partout, il a parcouru toute la terre et ne craint personne.

— Et moi, est-ce que je crains quelqu’un ? fit bravement Iakov.

Elle ne lui répondit pas ; elle suivait le jeu des vagues, qui accouraient et balançaient la lourde barque. Le mât s’inclinait à droite et à gauche et la proue se soulevait, puis retombait en frappant l’eau. Ce bruit était violent et semblait dépité, comme si la barque avait voulu s’arracher du bord, s’en aller sur la mer large et libre, et se fâchait contre le câble qui la retenait.

— Pourquoi ne t’en vas-tu pas ? demanda Malva à Iakov.

— Où irais-je ?

— Tu voulais aller à la ville.

— Je n’irai pas.

— Alors, va chez ton père.

— Et toi ?