— Quoi ?
— Iras-tu aussi ?
— Non !
— Alors, moi non plus, je n’irai pas.
— Tu resteras toute la journée sur mes talons ? demanda-t-elle.
— Je n’ai pas tant besoin de toi que cela ! répondit Iakov offensé.
Il se leva et s’éloigna d’elle.
Mais il s’était trompé en disant qu’il n’avait pas besoin d’elle. Sans elle, il s’ennuya. Un étrange sentiment était né en lui après leur conversation, un obscur besoin de protester contre le père, un sourd mécontentement. Hier encore, ce sentiment n’existait pas, ni aujourd’hui avant qu’il eût vu Malva. Et maintenant il lui semblait que le père le gênait, bien qu’il fût là-bas, loin dans la mer, sur une langue de sable presque imperceptible à l’œil… Puis il lui sembla que Malva avait peur du père : si elle n’avait pas eu peur, ils auraient causé tout autrement. Maintenant elle lui manquait, tandis que ce matin il ne songeait pas à elle.
Il errait sur la plage, dévisageait les passants d’un œil morne et leur adressait paresseusement quelques paroles.
Voici, à l’ombre d’une baraque, Serejka assis sur un tonneau. Il frappe les cordes d’une balalaïka et chante en faisant de drôles de grimaces :