— Je te crois ! Tu verras qu’il se mettra entre vous deux comme un mur.

— Je ne lui conseille pas d’essayer !

Au loin, sur la mer, s’ouvrit l’éventail rose des rayons de l’aurore. Déjà le soleil sortait de l’eau dorée. Dans le bruit des vagues arriva de la barque le faible cri :

— Tire !

— Levez-vous, les enfants. Mettez-vous à la corde ! commanda Serejka en sautant sur ses pieds.

Et bientôt tous les cinq tiraient leur côté du filet. De l’eau, se tendait vers le bord une longue corde, souple et vibrante, et les pêcheurs, accrochés aux sangles, tiraient en gémissant.

L’autre bout du filet était ramené à la côte par la barque, qui glissait sur les vagues, et le mât coupait l’air en se balançant de droite à gauche.

Le soleil, éclatant et superbe, s’éveillait au-dessus de la mer.

— Quand tu verras Iakov, dis-lui de venir demain ! recommanda Vassili à Serejka.

— C’est entendu !