— Oui, je reste… Qu’avons-nous à faire tous les deux à la maison ?
— C’est bon, je ne dis rien. A ta guise ! Tu n’es plus un enfant. Seulement, souviens-toi que je ne traînerai pas longtemps. Je vivrai peut-être, mais je ne sais pas comment je travaillerai… J’ai perdu l’habitude de la terre… Ainsi, souviens-toi que tu as ta mère par là.
Il lui était évidemment pénible de parler. Les mots s’empâtaient contre ses dents. Il se lissait la barbe, et sa main tremblait.
Malva l’épiait, Serejka avait à moitié fermé un œil, et, de l’autre, qui était devenu tout rond, il observait Iakov. Le gars était joyeux et, craignant de se trahir, se taisait et regardait ses pieds.
— N’oublie donc pas ta mère, Iakov. Pense que tu lui restes seul ! disait Vassili.
— Je sais, dit Iakov en haussant les épaules.
— C’est bien si tu le sais, ajouta le père avec un regard méfiant. Je te dis seulement de ne pas l’oublier.
— Bien !…
Vassili soupira profondément. Durant quelques minutes, tous gardèrent le silence. Puis Malva dit :
— On va bientôt sonner à l’ouvrage.