Personne ne faisait attention aux moines. On avait bien d’autres soucis. La preuve, c’est qu’arrivés au Champ de Navets, l’un d’eux, le Père Rousselin, s’attarda d’une centaine de pas, et, tranquille, ne rejoignit pas la colonne.
Quand on se trouva, aux fortifications, devant la porte de Choisy, les fédérés s’engouffrèrent en désordre. La porte fut de nouveau close. Les Dominicains restaient dehors. Là encore, ils n’avaient qu’à fuir.
Eh bien! cela, des témoins sûrs me l’ont dit en Calédonie, les Pères cognèrent à la porte pour se faire ouvrir!
Se croyaient-ils plus en sûreté qu’à Paris?
Melliet, qui était resté à l’arrière, les aurait certainement laissé partir. Depuis leur arrestation, il ne me cachait pas qu’il en était fort embarrassé. Il espérait qu’une fois le fort pris, ils seraient délivrés par les Versaillais. Mais il lui avait fallu céder aux violents, les arracher de leurs casemates et les joindre à la colonne... Tu sais le reste.
Un jour, je mis la conversation sur Serizier.
—Serizier! Un hâbleur! Rossel l’avait nommé colonel de la légion sans consulter personne... On m’a toujours dit qu’il n’était pas à l’avenue d’Italie quand on a fusillé les moines... Du reste à ce que m’a dit là-bas (en Calédonie) Pascal, personne n’a ordonné la fusillade... Ils ont été tués par la foule, quand on a su que les Versaillais avançaient...
les acteurs du drame
Les principaux acteurs du drame des Dominicains sont tous disparus. Ceux du moins qui furent compris dans les poursuites devant le conseil de guerre.
Serizier, Boin, Lucipia, Boudaille et Pascal, présents, furent condamnés à mort.