A l’une des fenêtres d’une petite maison, en face de l’entrée du secteur, un groupe d’une demi-douzaine d’hommes, dont deux membres de la Commune, l’écharpe rouge sur leur costume civil.

Piétinant dans la boue, combattants en uniformes, fédérés ou corps francs, des femmes, des enfants grimpés sur les murs, des gardes assis à la porte des cabarets, le fusil entre les jambes. Au milieu, serré dans la foule, un cavalier galonné...

Les otages attendaient.

Un des officiers qui avaient pris, depuis la prison, la tête du cortège, se tourna vers la fenêtre où se tenaient les deux membres de la Commune, et, du sabre nu, fit signe qu’il voulait parler.

A peine avait-il levé son arme, que dans cette foule désordonnée et hurlante, un silence se fit.

Tous les regards se dirigèrent vers la fenêtre.

L’officier parlait.

Il s’adressait à Eudes, qui était là, coiffé du chapeau mou de ses Enfants Perdus.

—Ce sont là, dit l’officier, en se tournant vers la file des prisonniers, les otages que nous sommes allés prendre à la Roquette... Où faut-il les conduire?

—C’est toi qui les as amenés ici, répondit sèchement Eudes, déclinant, comme le matin, l’effroyable responsabilité. Je n’ai aucun ordre à te donner.