—Alors, file à droite. En avant! cria l’officier.

File à droite! C’était l’entrée au secteur.

Un homme alla ouvrir une grille qui donnait accès à une étroite et longue allée.

Une soixantaine de pas et les otages se trouvèrent rassemblés dans un terrain vague, bordé par un bâtiment à un seul étage surmonté d’un clocheton. Au-dessous, un balcon en bois.

A quelques pas, les frondaisons vertes du jardin, et, à travers les feuilles, un haut mur noir.

Cette entrée au secteur ne s’était pas faite sans incidents. Adossé à la grille, un homme d’une taille athlétique se tenait, injuriant, frappant les prisonniers. Le fait m’a été confirmé par Avrial, qui était là.

En même temps que les otages entraient au secteur par l’allée, la foule envahissait le jardin.[103]

Quelque chose lui disait-il, à cette foule exaspérée par la déroute, qu’une vengeance terrible allait lui être offerte, et qu’au pied de ce mur qu’elle regardait depuis l’arrivée du cortège, les otages allaient être massacrés?

le mur

Un quart d’heure avant la fusillade, trois hommes, dont un membre de la Commune, Avrial, et deux journalistes, Lissagaray[104] et Alphonse Humbert[105] se trouvaient dans la salle du premier étage d’un petit cabaret—le cabaret Debêne—au numéro 78 de la rue Haxo, face à l’un des angles du jardin sinistre, le coin de la rue du Borrégo.