Alavoine se précipite pour barrer l’entrée. Il se heurte à un fédéré à barbe blanche qui, se plaçant devant lui, lui ferme le chemin.

—Voilà huit jours qu’on fusille les nôtres en tas! crie le vieux combattant. Et vous voulez qu’on épargne ces gens-là!

Et, sortant son revolver, il le braque sur Alavoine.

Le spectacle que présente la rue Haxo est terrifiant. Quand les hurlements de la foule s’apaisent, on entend les détonations de la bataille toute proche. Tout près, les fuyards se ruent à la porte de l’enceinte pour tenter de franchir les lignes prussiennes.

Mêlés au sifflement des balles et au déchirement des obus, on distingue—ô dérision—les airs de valse que jouent, à quelque cents mètres du glacis de l’enceinte, les musiques allemandes.

Les otages sont entrés au secteur. Tout effort pour les arracher à la mort serait désormais vain. Il n’y a plus, pour ceux que révolte cette inutile hécatombe, qu’à se rejeter dans la bataille, et à fuir loin du forfait.

Alavoine, qui a reconnu dans les groupes de la rue quelques hommes de son arrondissement, le quatrième, trace à la craie sur le volet d’une boutique les mots: «Quatrième Légion».

Quelques hommes en armes, appartenant aux bataillons du quartier, s’y réunissent et se dirigent vers les barricades qui entourent les Buttes-Chaumont.

Varlin s’était remis à signer des ordres, à délivrer des bons et de l’argent pour les réquisitions, calme en apparence.

Soudain, les coups de feu éclatent.