J’entendis des pas sur le sable de l’allée...

Les trois vieux prêtres, que nous avaient cachés les arbres, étaient derrière nous.

Avaient-ils entendu? Avaient-ils compris qu’ils se trouvaient en face de l’un des exécuteurs de la terrible journée?

comparaison

Lorsque nous quittâmes le jardin de la rue Haxo, dévasté au jour du drame, aujourd’hui ombragé et fleuri comme une nécropole italienne, avant que la porte se refermât sur nous, je me retournai une dernière fois vers le mur.

Et, par la pensée, il me sembla revoir le tas des fusillés, les uniformes et les soutanes, les faces sanglantes et les membres hachés. Je sentis mon cœur se serrer, une tristesse m’envahir. Et il me sembla aussi que d’autres morts se levaient,—les nôtres,—ceux des infâmes cours martiales, ceux du Luxembourg, ceux de la caserne Lobau, ceux du square Saint-Jacques, ceux de Satory, qui marchaient, en longues files, venant par centaines, par milliers, se coucher au pied du mur, emplir le jardin, former une terrifiante montagne dont j’avais peine à voir le faîte, et sous laquelle disparaissaient les cinquante victimes du 26 mai 1871.

QUAND NOUS FAISIONS
le «Père Duchêne»


LA RÉPUBLIQUE OU LA MORT!

I