Et Vermersch nous déclame—il n’y manquait jamais—la strophe préférée de son poème, la strophe de la Mort:
Certes, je n’en aurais pas peur
Si dans les plaines découvertes,
Si dans les grandes forêts vertes
On pouvait enfouir mon cœur!
Sous la mousse fine et les branches
J’attendrais la force et la loi
Qui reprendront ce qui fut moi
Pour faire la fleur des pervenches!
L’un de nous avait apporté quelques numéros du journal d’Hébert. On en trouvait encore, à cette époque, dans les boîtes des quais. Il les étala sur la table.
Nous avions aussi le petit livre de Charles Brunet—Le Père Duchesne d’Hébert—qui cite les titres des numéros de la feuille révolutionnaire.
Je l’ouvre au hasard, et je lis:
Numéro 253. La Grande Colère du Père Duchesne contre les gredins financiers, grippe-sous, monopoleurs, accapareurs, qui font un Dieu de leur coffre-fort, et qui excitent le désordre et le pillage pour faire la contre-révolution...
Un peu plus loin:
Numéro 260. La Grande Colère du Père Duchesne, au sujet de la mort de Marat, assassiné à coups de couteau par une garce du Calvados...
D’une seule voix:
—C’est cela qu’il faut faire!