L’heure pressait. On entendait déjà le roulement des catafalques et le bourdonnement de la foule qui s’était rendue à l’invitation de la Commune.
Au moment où nous allions franchir la porte de l’amphithéâtre, une acclamation immense retentit. Nous nous mîmes à une fenêtre du corridor. Au-dessous de nous, un spectacle à la fois poignant et grandiose nous apparut.
Remplissant la rue, débordant dans les voies avoisinantes, gardes fédérés, gens du peuple, bourgeois, femmes, enfants, avec ou sans armes, ayant tous à la boutonnière la fleur d’immortelle. Toutes les têtes étaient découvertes. De temps à autre, de cette multitude partait un cri isolé:
—Vive la Commune!
—Nous les vengerons!
A quelques pas du portail, un groupe d’hommes en costume civil, épinglée au revers de l’habit la rosette rouge à frange d’or, signe distinctif des membres de la Commune. Quelques-uns portaient en sautoir l’écharpe, dont les glands d’or scintillaient à leur côté.
funérailles rouges
Enfin, le cortège s’organisa. Lentement, après avoir quitté Beaujon, il descendit vers la Madeleine, par le faubourg Saint-Honoré.
Tous se découvraient.
Seul, un homme campé sur les marches de l’église, garda sa coiffure.