Drapeau déployé, un petit tour d’abord à l’Hôtel de Ville, histoire de saluer la Commune, avant d’aller se battre.
Puis, leste aux avant-postes.
Les typos du Père Duchêne et de la Sociale sont de ces bataillons-là.
Quand nous allons à la composition, il nous arrive, d’un jour à l’autre, de n’y plus trouver les mêmes figures.
Les absents, ceux qui se sont fait remplacer, sont quelque part. Là-bas. Ce sont eux, peut-être, qui tirent les coups de canon que nous entendons, entre deux phrases de la conversation, du côté de Vanves et d’Issy.
—Quand reviennent-ils?
—Dans huit jours—ou plus tard.
Au nombre de nos typos, figure un brave garçon, un colosse au cou musclé, aux biceps bombant comme deux boulets. Il a des épaules faites pour soulever une charrette à lui tout seul. Chaque soir, quand le Père Duchêne est serré, sa coquetterie consiste à prendre une forme sous chaque bras et à se promener autour de l’atelier avant d’aller les déposer sur la machine—les vieilles machines plates que l’on ne connaît plus aujourd’hui—avec la même désinvolture que s’il portait un couple de litres à seize.
Ses hauts faits ont fait donner à notre bon colosse le surnom de «l’Hercule».
Depuis qu’il est avec nous, l’Hercule n’est pas allé au feu.