Je lis dans la Sociale que chacun de ces trois membres seront armés du sabre de cavalerie, et qu’ils porteront, sous le ceinturon, une écharpe rouge à franges d’or.
C’était superbe, tout à fait martial. Il ne nous eût manqué que le chapeau à plumes des grands aïeux, les commissaires aux armées de la Convention.
Il ne nous fut pas donné de réaliser ce rêve éclatant. Nous n’eûmes pas le temps, Vermersch, Humbert et moi, d’accrocher à notre ceinture le sabre de cavalerie, ni de rouler autour de notre échine la ceinture rouge frangée d’or.
Je le regrette toujours, est-il besoin de le dire...
ça ne va pas!
Eh bien! croira-t-on qu’avec de si belles promesses, le recrutement des Enfants du Père Duchêne s’effectuait au fond assez lentement! Dame, on était en pleine bataille. Il ne s’agissait plus de flâner dans les rues. Et, aux avant-postes, ce n’était pas amusant.
Nous avions ouvert dans les colonnes de la Sociale, une souscription patriotique. Ça ne marchait pas. Le 6 mai, nous en étions encore à la minime somme de 724 francs. Et encore avais-je dû, la veille, après un déjeuner à la délégation de justice, taper Protot et ses convives d’une vingtaine de francs...
Non, ça n’allait pas!
A qui la faute?
Nous résolûmes de changer le commandement. Il avait été, au premier jour, confié à un citoyen Pierre, qui s’intitulait capitaine d’infanterie délégué, et qui avait été candidat[168] aux élections complémentaires du 16 avril.